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Arédius


chef reliquaire de Saint-Yrieix. Original
conservé au Metropolitan Museum (NY)


Aredius , connu ultérieurement sous le nom de Saint-Yrieix, était fils d'une famille aristocratique de Limoges et son existence est attestée au VI° siècle. Il est utile de remarquer, à la suite de Louis Bournazel « qu'alors que tant de saints locaux sont légendaires, Arédius...est lui un personnage historique connu de son contemporain Grégoire de Tours, et son testament de 572 est unanimement reconnu comme authentique. »

Publié par Michel Aubrun comme pièce justificative dans un ouvrage de référence consacré à « L'ancien diocèse de Limoges » dont il constitue la source la plus ancienne, ce testament prouve l'étendue de l'alleu d'Arédius dont le territoire est situé à cheval entre Limousin et Périgord. Par ailleurs Grégoire de Tours donne effectivement des renseignements qui laissent penser qu'Arédius naquit à Limoges vers 520, resta un certain temps à la cour du roi d'Austrasie Théodebert, et reçut la tonsure lors de son séjour à Trèves auprès de l'évêque Nicet. De retour en Limousin à la mort de son père, il se consacra à la vie religieuse et se retira peut être en ermite à La Rochette ( aujourd'hui simple hameau de la commune de Saint-Yrieix).

Durant toute sa vie, Arédius voua une grande admiration à Saint Martin de Tours ce qui explique qu'il donnât à sa mort une partie de ses biens au monastère tourangeau. Arédius est le fondateur du monastère d'Attane (la place où est située la collégiale est toujours appelée place Attane) où fut suivie une règle inspirée des saints Basile et Cassien . Il décida d'affilier cette fondation à Saint-Martin de Tours, ce qui explique l'indépendance dont bénéficia par la suite le chapitre de Saint-Yrieix vis à vis de l'évêque de Limoges. Arédius est décrit par Grégoire de Tours comme un pèlerin soucieux de rapporter de ses expéditions de nombreuses reliques et comme un constructeur d'églises : au moins deux édifices Saint-Julien et Saint Hilaire furent bâtis à proximité de sa villa d'Attanum. Il mourut le 25 août 591 et son ami, saint Ferreol, évêque de Limoges, assista à ses obsèques.

Sa renommée fut grande puisqu'un moine de l'abbaye, sans doute à l'époque carolingienne, rédigea la Vita Prolixior, texte légendaire purement hagiographique, mais qui s'inspirait certainement de ce qu'était vers la fin du premier millénaire le sanctuaire d'Arédius. La description de la ville de Saint-Yrieix, à l'époque, évoque  le rituel d'un grand pélerinage: « chaque jour les malades viennent devant le sépulcre du saint, là ils passent la nuit en prières et ils sont guéris, les aveugles viennent et ils recouvrent la vue, les possédés viennent et ils sont délivrés, les parjures sont conduits et là, ou ils meurent ou ils sont tourmentés par les démons ; les prisonniers chargés de chaînes, y viennent et ils sont délivrés ; les boiteux y sont amenés sur des chariots et là leurs pieds s'affermissent et ils s'en retournent d'un pas alerte et joyeux. Beaucoup de guérisons sont opérées par l'huile sainte qui brûle devant le tombeau. »

Saint-Yrieix fut-il, avec quelques siècles d'avance, le libérateur des prisonniers comme plus tard Saint Dominique en Espagne, Sainte-Marie-Madeleine à Vézelay , et surtout Saint-Léonard en Limousin ? Ce texte montre en tous les cas que le fondateur du monastère d'Attane passait pour un grand thaumaturge, c'est-à-dire un faiseur de miracles. Une dizaine de localités furent fondées sous le nom d'Yrieix, y compris en dehors du diocèse de Limoges.

voir ci-dessous la célébration des Ostensions en l'honneur d'Arédius (Saint-Yrieix, juin 2009)