Imprimer cette page

porcs "cul noir"

Depuis quant la race "cul-noir"  est-elle implantée dans la région de Saint-Yrieix ? Un extrait du premier livre de raison de Jean Gondinet publié par Louis Bournazel ( "Saint-Yrieix et le pays arédien") permet de répondre que cette origine remonte au moins au XVI° siècle. En effet, le 6 juin 1587 Jean Gondinet remet à Antoine Jouffre une truie de poil blanc et noir ayant huit cochons avec elle. Le tout estimé deux écus et deux tiers.
Au début du XX° siècle, les expéditions de porcs gras, connus ensuite sous le nom de "cul-noir", assuraient la renommée des élevages de Saint-Yrieix. Lors des foires grasses, on chargeait de 60 à 90 wagons de bétail, souvent jusqu'à une heure avancée de la nuit. La race est mentionnée dans l'Omnium Agricole de 1920, en ces termes:

" Alors que sur la plus grande partie de la France les races porcines caractérisées ont disparu pour laisser place à des croisements faits, le plus souvent, par l'infusion du sang de races anglaises, le Limousin s'est attaché à conserver pure la race qu'on connait surtout sous le nom de Saint-Yrieix. Le Comice agricole de cet arrondissement a pris l'initiative de créer un livre généalogique de cette race et d'encourager son élevage par des primes aux meilleurs mâles et femelles conservés dans le pays. Cette entreprise a été utilement soutenue et dirigée par les concours spéciaux qui réunissent tous les ans à Saint-Yrieix de 600 à 700 animaux de tous âges, présentés par une centaine de cultivateurs de la Haute-Vienne, de la Corrèze, et de la Dordogne. Une catégorie spéciale est réservée à la race porcine limousine au concours général et dans un des concours nationaux. Elle occupe dans la Haute-Vienne, les cantons de Saint-Yrieix, Nexon, Saint-Germain et partie de Pierre-Buffière; dans la Corrèze, la majeure partie des arrondissements de Brive et Tulle, avec tendance constante à s'étendre de plus en plus; dans la Dordogne, les cantons de Jumilhac et Lanouaille.

Les programmes des concours spéciaux indiquent comme caractères les plus saillants: le corps blanc avec deux écussons noirs qui recouvrent la tête et la croupe; le velouté sur la nuque et la virade sur les hanches; la tête conique et le chanfrein droit; l'oreille mince, étroite et pointant en avant; les extrémités, nez, oreilles, tête, queue et pattes fines et minces; le rein droit et les côtes relevées.

Le porc limousin est un animal de moyenne taille au corps gros, court, trapu, bien campé sur des pattes nerveuses, à pieds bien conformés pour la marche ayant des talons très relevés et que terminent des onglotes à corne résistante. Les jambons volumineux, fortement musclés, descendent jusqu'au jarret."

L'article de l'Omnium agricole parlait encore de "la saveur exquise" de la chair, et du succès de ce porc bien adapté à la consommation familiale dans toute la région du Midi et du Sud-Ouest, où la cuisine se préparait alors au saindoux. L'auteur de cette étude notait également l'engraissement qui "dure quatre à cinq mois et dans lequel les pommes de terre cuites, les châtaignes et le blé noir jouent le plus grand rôle." Les porcs présentés sur les foires pesaient en moyenne 150 kilos, mais on en trouvait qui pouvaient atteindre 250 kilos! Ils obtenaient sur les marchés une plus-value de 8 à 10 % sur les croisements anglais. Après avoir beaucoup décliné, la production de porcs "cul-noir" a été relancée à partir de 1981.

Précédent: gerba gauda
Suivant: remembrement