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des tractations difficiles

Bien qu' initiée à l'époque de François Mazeaud ( maire de Saint-Yrieix de 1865 à 1870), l'école de la Rochette n'a donc vu le jour que sous la III° République. Dans un premier temps, après avis favorable du sous-préfet de Saint-Yrieix, un bail à ferme a été conclu entre le maire et le propriétaire de la maison le 1° janvier 1876. La durée de cette location a été fixée à 10 ans. L'acte porte sur "une maison avec cour et jardin, un lopin de terre retiré au delà du chemin qui paraît être l'emplacement de l'ancienne église." Le bailleur reste chargé des impôts fonciers, il s'engage à faire établir des latrines (toilettes) et percevra 240 francs tous les six mois à titre de loyer. Mais la loi fixe une obligation d'achat à la commune. Le 14 septembre 1878, une délibération du conseil municipal de Saint-Yrieix autorise le maire à acheter la maison et ses dépendances moyennant la somme de 4800 francs. Le 25 septembre de la même année, le propriétaire signe une promesse de vente pour...4500 francs, payables au comptant sans frais pour le vendeur.

Charles Mazeaud, maire de Saint-Yrieix

1865-1870


Cependant, l'inspecteur primaire de l'Académie, en poste à Saint-Yrieix, intervient de manière virulente en pleine transaction. Dans un rapport du 17 février 1879, transmis à sa hiérarchie ainsi qu'au préfet, il fustige l'accord qui a été réalisé en ces termes: "la première chose à rechercher pour l'établissement d'une école , c'est un lieu central, d'un accès facile et bien aéré. Cela a été perdu de vue lors de l'établissement de l'école de La Rochette qui est située presque à l'extrémité de la section, dans un lieu que l'absence de toute route et le mauvais état des chemins rendent presque inaccessible en hiver, ce qui constitue un obstacle sérieux à la fréquentation de l'école. La maison dans laquelle l'école est établie est un vieux bâtiment qui menace ruine, dont on ne pourrait même pas conserver en entier les quatre murs; quant aux boiseries, aux planchers, et à la charpente qui supporte la toiture, ils sont tellement vermoulus et pourris qu'il faudrait les remplacer entièrement. Il en résulte que l'appropriation de cette maison couterait presque autant que la construction d'un bâtiment neuf. Il n'y a pas lieu à mon avis d'hésiter à refuser à la commune l'autorisation de faire l'acquisition d'une masure en aussi mauvais état et aussi mal placée".

L'inspecteur primaire propose dans ce même rapport une alternative au choix de La Rochette. Il indique près de la route de Saint-Yrieix à Limoges, à environ 1500 mètres de ce lieu, une autre maison en vente appartenant à M. Laroudie "qui conviendrait fort bien pour la tenue de l'école et le logement de l'instituteur". Le propriétaire, précise l'inspecteur, serait disposer à louer sur le champ. A défaut, un excellent emplacement pour bâtir existerait encore dans le voisinage.

Mais la hiérarchie ne tient pas compte de ce rapport. La première réponse de l'inspection de l'enseignement primaire ( basée alors à Poitiers) est elle même cinglante "la maison de M. Laroudie n'est ni avantageuse ni disponible". Ce dernier vendant sa propriété agricole et sa maison en un seul lot. Et de surcroît l'instituteur en poste à La Rochette, M. Moreau, précise dans une lettre écrite le 30 avril 1879 et jointe au dossier que "La Rochette est le point le plus central qu'on puisse trouver... quant au nombre des élèves, je ne crois pas qu'il augmente en changeant d'école" précise encore l'enseignant. Un autre rapport d'ensemble concernant ce projet, établi par les autorités académiques poitevines, enfonce le clou: "quoique assez ancienne, la maison d'école actuelle est assez solide; elle laisse à désirer surtout pour l'accès; mais on peut arranger à peu de frais les mauvais chemins qui y aboutissent et elle gagnera beaucoup à l'exécution d'un embranchement sur la route de Limoges qui se fera tôt ou tard (sic). Elle comprend une cuisine à réparer, deux chambres, une salle de classe actuellement trop petite mais pouvant s'agrandir de manière à avoir une superficie de près de 90 mètres carrés par la simple suppression d'un mur, un grenier vaste et commode, un jardin bien placé de près de cinq ares et une cour de quatre ares. Sans beaucoup de dépenses, ce local peut s'améliorer... et fournir un logement assez convenable et une salle de classe suffisante avec entrées et cours distinctes pour garçons et filles. Il y a lieu de l'accepter."

Le 4 août 1879, un arrêt préfectoral autorise enfin la commune de Saint-Yrieix à acquérir des maisons d'école à Quinsac, Glandon et La Rochette. Mais il faut attendre le 3 octobre 1882 pour que la transaction soit officiellement décidée. Il faut enfin noter que l'administration avait recruté au 1° janvier de la même année "une maitresse de travaux à l'aiguille à La Rochette". Mme Grasdepot, *épouse Robert, avait officiellement pris ses fonctions le 1° janvier 1882.

*Martial Robert avait épousé Léonarde Juliette Grasdepot le 9 novembre 1878 à Beaune-les-Mines ( remerciements à M. Auclair, AGL)

 

 

 

 

 


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