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Jeanne Bouby

Mme Jeanne Péquériau, née Bouby, fut nommée à La Rochette en septembre 1938. J'ai eu la chance de pouvoir la rencontrer et l'interviewer soixante et onze ans plus tard ! Malgré toutes ces années écoulées, elle s'est parfaitement souvenue de son arrivée dans le village, à la veille de la déclaration de guerre. Un camp militaire fut en effet établi dans une lande voisine et Jeanne allait ainsi rencontrer l'homme de sa vie. En voici la très étonnante histoire.

Toute la commune de Saint-Yrieix a vu arriver, début septembre 1939, un flot de réfugiés alsaciens qui ont été hébergés, vaille que vaille, aussi bien en ville qu'à la campagne. La caserne de Saint-Yrieix sert à abriter un hôpital complémentaire de l'armée et des logements sont utilisés pour héberger les réfugiés venant de La Wantzenau, Gambsheim et Niederbronn. Des convois amènent des Alsaciens par milliers dans la petite cité arédienne. Plus de 4 000 personnes arriveront durant le mois de septembre 1939.

Mlle Jeanne Bouby à son poste de la Rochette (1939). DR

L'école de La Rochette est réquisitionnée pendant une bonne semaine. Les réfugiés s'installent dans le logement prévu pour l'institutrice. Mlle Jeanne Bouby, qui occupe à cette époque le poste, "prête" donc les locaux. Certains apportent même de la paille pour dormir sur le plancher... L'institutrice est accueillie pendant quelques jours par la famille Chazelas dont le logement est pourtant exigü. Mais l'école sera évacuée au bout d'une semaine et la classe reprendra. Beaucoup d'Alsaciens ( plus de 3000 selon Louis Bournazel) regagneront l'Alsace par la gare de Saint-Yrieix au bout de quelques mois.

La classe de Jeanne Bouby en 1939- DR

Lorsque l'armistice devient effectif, on assiste encore dans le secteur de La Rochette, à un incroyable événement. En fait, c'est toute une colonne qui débarque dans les landes des "Cambuses", à proximité de la voie ferrée, tout près du hameau de La Rochette. Ces militaires se sont repliés de la zone Nord, repoussés par l'offensive allemande. Parmi eux, Gabriel Péquériau, natif de Valenciennes, qui est sous les drapeaux au moment de la déclaration de guerre. Avec son régiment, il monte en Belgique en mai 1940, combat à Gembloux, puis engage une retraite avec combats autour de Lille. Blessé à Violaines (62), il rejoint l'hôpital de Zuydcoote. Embarqué pour l'Angleterre, il est encore soigné à Southampton, puis est rapatrié sur Cherbourg, Saint-Malo, Rennes, Bordeaux. Avec toute sa colonne, il arrive donc à La Rochette au cours de l'été 1940. Une immense concentration de matériel militaire finit donc par être constituée aux "Cambuses". Gabriel Péquériau fait partie des militaires qui établissement un grand bivouac au milieu des fougères et des ajoncs. Il lie connaissance avec l'institutrice de La Rochette, Mlle Bouby, qu'il épouse en août 1941. A cette date Gabriel Péquériau a obtenu sa démobilisation et le couple quitte la région.

 

 

( page écrite grâce à l'aide précieuse de M.Jacques Péquériau, l'un des fils de Mme Bouby-Péquériau qui a également fourni les photos publiées sur ce site)