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années de guerre

Les années de guerre 1939-1945 laissent des souvenirs pour le moins marquants aux habitants de La Rochette et des hameaux voisins. Toute la commune de Saint-Yrieix voit arriver, début septembre 1939, un flot de réfugiés alsaciens qui sont hébergés, vaille que vaille, aussi bien en ville qu'à la campagne. La caserne de Saint-Yrieix sert à abriter un hôpital complémentaire de l'armée et des logements sont utilisés pour héberger les réfugiés  venant de La Wantzenau, Gambsheim et Niederbronn. Des convois amènent des Alsaciens par milliers dans la petite cité arédienne. Plus de 4 000 personnes arriveront durant le mois de septembre 1939.


Des réfugiés à la Rochette

L'école de La Rochette est réquisitionnée pendant une bonne semaine. Les réfugiés s'installent  dans le logement prévu pour l'institutrice. Mlle Jeanne Bouby, qui occupe à cette époque le poste, "prête" donc les locaux. Certains apportent même de la paille pour dormir sur le plancher... L'institutrice est accueillie pendant quelques jours par la famille Chazelas dont le logement est pourtant exigü. Mais l'école sera évacuée au bout d'une semaine et la classe reprendra. Beaucoup d'Alsaciens ( plus de 3000 selon Louis Bournazel) regagneront l'Alsace par la gare de Saint-Yrieix au bout de quelques mois.


Un camp militaire

Lorsque l'armistice devient effectif, on assiste encore dans le secteur de La Rochette, à un incroyable événement. En fait, c'est toute une colonne qui débarque dans les landes des "Cambuses", à proximité de la voie ferrée, tout près du hameau de La Rochette. Ces militaires se sont repliés de la zone Nord, repoussés par l'offensive allemande. Parmi eux, Gabriel Péquériau, natif de Valenciennes, qui est sous les drapeaux au moment de la déclaration de guerre. Avec son régiment, il monte en Belgique en mai 1940, combat à Gembloux, puis engage une retraite avec combats autour de Lille. Blessé à Violaines (62), il rejoint l'hôpital de Zuydcoote. Embarqué pour l'Angleterre, il est encore soigné à Southampton, puis est rapatrié sur Cherbourg, Saint-Malo, Rennes, Bordeaux. Avec toute sa colonne, il arrive donc à La Rochette au cours de l'été 1940. Une immense concentration de matériel militaire finit donc par être constituée aux "Cambuses". Gabriel Péquériau fait partie des militaires qui  établissement un grand bivouac au milieu des fougères et des ajoncs. Il lie connaissance avec l'institutrice de La Rochette, Mlle Bouby, qu'il épouse en août 1941. A cette date Gabriel Péquériau a obtenu sa démobilisation et le couple quitte la région.

Le temps du maquis

La loi du 16 mars 1943 insituant le Service du Travail Obligatoire au profit de l'Allemagne encourage beaucoup de jeunes à gagner les taillis, plutôt qu'à devoir partir travailler Outre-Rhin pour le "Reich". Deux organisations clandestines encadrent alors ces jeunes qui vont oeuvrer pour la Résistance. Les maquisards F.T.P sont sous le contrôle des communistes. Leur tactique est d'agir sans attendre contre l'occupant allemand, notamment par des sabotages ferroviaires. De son côté l'Armée Secrète (A.S.) estime qu'il vaut mieux éviter la guerilla mais qu'il faut se préparer militairement pour le jour "J", à savoir le débarquement.

  • René est né le 22 février 1925, à Saint-Yrieix. Il entre dans un groupe de maquisards F.T.P le 14 mars 1944 dans les taillis de Bellevue où il ne reste que quelques jours. Il fait partie du 1° Régiment Dordogne-Nord dont le chef est le Commandant Ricco. Il appartient au 2° bataillon. De mars à août 1944, René Dumont prend part à différentes actions de sabotage dans toute la Dordogne-Nord et le sud de la Haute-Vienne". Il participe ensuite à la Libération de Périgueux, prend part aux combats amenant la libération de la Charente et de la Ville d'Angoulême le 1° septembre 1944. Il est également présent lors des combats du front de La Rochelle.

 

  • René est né en 1924. Il vivait sur la propriété de ses parents au Bussin, commune du Chalard, avant la guerre 1939-1945. Orphelin, il s'installe quelque temps au Cheyroux vers 1934-1935 avec son grand-père et son frère Roger. Ils trouvent ensuite une famille d'adoption à La Rochette où ils sont définitivement pris en charge  par les familles Doudet et Chazelas. En février 1944, avant même d'être convoqué au S.T.O, il décide de rejoindre ses camarades du Chalard ( commune il doit se faire recenser). Il est placé sous les ordres d'un responsable de l'armée secrète, originaire du Chalard. Ils sont quatorze de la commune du Chalard à rejoindre en février 1944 le où l'Armée Secrète regroupe de nombreux jeunes réfractaires au S.T.O. et les forme militairement. Leur chef est connu sous le nom de Commandant Violette. C'est lui en personne qui vient demander des volontaires pour rejoindre un autre maquis, à la Perpie près de Sarlande. René Pauliat est immédiatement partant pour cette mission. Quelques jours plus tard, une quarantaine de jeunes maquisards qui sont restés sur place sont massacrés-après dénonciation- par les Allemands ( voir massacre du Pont-La-Veyras). René Pauliat, qui a échappé au massacre de justesse, intégrera le 63°R.I. qui est reformé à Saint-Yrieix, après le débarquement. Il part avec son régiment combattre les Allemands qui forment des "poches" de résistance, notamment à Redon où les combats sont particulièrement durs. Il sera ensuite versé au 21° régiment d'infanterie aéroportée d'Ille-et-Villaine, avant de pouvoir rejoindre ses foyers.

 


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