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Armor

 

 

C'est l'histoire de "retrouvailles" inattendues... Elisabeth Pantou Vincent est notamment l'auteur des guides "Sentiers et randonnées d'Argouat" et "Sentiers et randonnées d'Armor" qui traduisent sa passion pour la Bretagne. Curieuse coïncidence: j'avais moi même publié aux Editions Sud-Ouest un livre guide... sur "mon" Limousin en 2006. Belle rencontre, non?

Journaliste-écrivain, Elisabeth est en fait très attachée aussi au Limousin où plongent ses racines. Voici le magnifique texte qu'elle a écrit spécialement pour parler de nos échanges autour du site "La Rochette et ses villages voisins" que j'ai mis en ligne depuis 1997, date de parution de ma monographie "Un village arédien sur la route de Compostelle" dédiée à l'ancienne paroisse de la Rochette. CB

C'est en 2016 que ma route a croisé celle des Juillardies, puis de Christian Bélingard. Installée en Bretagne depuis de nombreuses années, j'ignorais beaucoup de choses sur la région où mon père avait grandi et où nous passions, enfants, nos vacances d'été. Dans le Limousin, les familles sont « taiseuses » et je n'avais pas non plus beaucoup d'éléments sur mes ancêtres. En 2013 pour les 90 ans de mon père, j'avais entrepris de réaliser un arbre généalogique, que j'imaginais tenir sur une feuille de papier. Oui, mais voilà, la généalogie, c'est comme la potion magique d'Astérix : quand on tombe dedans on ne peut plus s'en passer. Et me voici, en quelques mois, à gérer plus de 1600 ancêtres directs ou collatéraux remontant pour certains au milieu du XVIIème siècle. C'est alors que naît, au fil des avancées, de façon quasi impérative, l'envie d'aller fouler les terres de ces ancêtres. L'avantage c'est qu'en 300 à 400 ans la famille s'était développée dans un rayon étroit d'une trentaine de kilomètres autour de Saint-Yrieix.


En déroulant leurs états-civils, j'ai découvert des ascendants meuniers au Moulin du Puy ou bordiers aux Cheyroux jusqu'en 1833 tandis que la branche féminine (Bonet), s'était installée à Marneix bien avant. Mais c'est le château de Douillac qui a titillé mon imagination. A partir de 1694, quatre générations de cette famille sont nées, se sont mariées et sont décédées au château. Y étaient-ils agriculteurs ? domestiques ? locataires ? Rien ne me permettait d'éclairer mes recherches. Un échange de courrier avec Jacques de Roquemaurel, l'actuel propriétaire du château de Douillac -qui a eu la gentillesse de plonger dans ses archives - ne m'a, hélas, pas ouvert davantage de portes. J'ai alors choisi d'aborder l'humain : où était ce village de La Rochette ? Comment y vivaient mes ancêtres. Pourrais-je retrouver leur âme dans l'église où ils avaient été baptisés, mariés, et peut-être enterrés ? Pas facile de creuser le sillon à quelque 500 km de là. Heureusement Internet permet parfois de gommer les distances. C'est ainsi que j'ai découvert le site des Juillardies et le travail phénoménal de Christian Bélingard sur La Rochette dans son ouvrage « un village Arédien sur la route de Compostelle » (Fanlac Editeur). J'y ai retrouvé un probable ancêtre de Marneix, qui participa, en juillet 1453, comme simple soldat, à la bataille de Castillon qui mit fin à la guerre de Cent Ans.


Et je n'étais pas au bout de mes surprises. Christian Bélingard a accepté de me recevoir, avec une étonnante nouvelle : « d'après mes recherches, me dit-il, j'habite la maison que votre ancêtre occupait en 1756 ». La visite fut un moment intense de communion avec le passé sur un site qui n'a sans doute que peu bougé en près de 300 ans. Le village de la Rochette fut plus décevant. La disparition de l'église et, avec elle, des lieux de vie du village laissent un vide difficile à combler par l'imagination. Il faudra bien sûr revenir. Apprendre à décoder les archives (cadastres, minutes notariales...). Trouver le temps. Ce sera fait. C'est sûr !

Elizabeth Pantou-Vincent


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